Polyarthrite Rhumatoïde (PR)

Lettre d'information n°30 - Juillet 2022

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Pour aider au diagnostic de la PR, le dosage des Facteurs Rhumatoïdes et des anti-CCP est réalisé dans notre laboratoire Bio-Val et rendu sous 24h !

La Polyarthrite Rhumatoïde (PR) est la maladie auto-immune la plus fréquente, touchant 0,3 à 0,5% de la population française. C’est un rhumatisme inflammatoire chronique. L’inflammation de la synoviale entraine progressivement une déformation articulaire, puis une destruction de l’os et du cartilage, causant des répercussions fonctionnelles, psychologiques, sociales et professionnelles parfois graves pour le patient.

Les manifestations initiales sont caractérisées par des douleurs articulaires associées à un enraidissement matinal et un gonflement articulaire (synovite).

Il existe typiquement un syndrome inflammatoire, une atteinte articulaire symétrique (érosions, déformations, exceptionnellement destructions articulaires), et puisque la PR est une maladie systémique due à la libération de cytokines pro-inflammatoires dans la circulation sanguine, il peut y avoir inconstamment des manifestations extra-articulaires telles que des nodules rhumatoïdes, des atteintes cardiaques (péricardite), pulmonaires (pleurésie), vasculaires (vascularites), nerveuses, et/ou oculaires.

POLYARTHRITE RHUMATOÏDE

L’évolution de cette affection se fait par poussées et, en l’absence de prise en charge, entraîne un handicap. Il a été montré qu’un diagnostic précoce est essentiel pour la mise en place d’un traitement approprié et ainsi prévenir voire éviter les complications à long terme.

La PR peut survenir à tout âge, mais elle apparaît surtout chez des personnes âgées de 40 à 60 ans. À cet âge, elle est quatre fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme.

Sa cause est inconnue, mais il existe un lien avec une prédisposition génétique (HLA DRB1, le sexe féminin), et des facteurs environnementaux (toxiques, comme le tabac, et/ou infectieux).

Diagnostic initial :

Devant une arthrite touchant au moins 2 articulations avec un gonflement articulaire (synovite ou épanchement), des douleurs d’horaire inflammatoire, une raideur matinale, une ténosynovite, il faut évoquer le diagnostic de PR.

Plusieurs types d’arguments pourront aider au diagnostic : cliniques, biologiques, d’imagerie, et l’élimination d’autres affections.

Le calcul d’un score est proposé par l’ACR et l’EULAR en 2010 (American College of Rheumatology et European League Against Rhumatism). Il est obtenu en additionnant les critères du tableau ci-dessous. Un score total supérieur ou égal à 6/10 est nécessaire pour classer un patient comme ayant une PR définie.

Un score supérieur à 6 permet de classer le patient comme PR
Type d'atteinte articulaire (0-5)
1 grosse articulation (coude, épaule, hanche, genou ou cheville) 0
2-10 grosses articulations 1
1-3 petites articulations (poignet, MCP, IPP, MTP sauf 1re MTP) 2
4-10 petites articulations 3
>10 articulations (au moins une petite articulation) 5
Sérologie (0-3)
FR négatif et ACPA négatif 0
FR faiblement positif (1 à 3 fois la normale) ou ACPA faiblement positif (1 à 3 fois la normale) 2
FR fortement positif (> 3 fois la normale) ou ACPA fortement positif (> 3 fois la normale) 3
Durée des symptômes (0-1)
< 6 semaines 0
≥ 6 semaines 1
Marqueurs de l'inflammation (0-1)
CRP normale et VS normale 0
CRP anormale oou VS anormale 1

*ACPA : anti-citrullinated protein antibody ; CRP : C-reactive proteine ; FR : Facteur Rhumatoide ; VS : Vitesse de Sédimentation

diagnostic de PR

biologie

Au départ, un bilan général à la recherche d’une inflammation peut être prescrit avec : Numération Formule Sanguine ou NFS (anémie souvent discrète), VS et CRP, voire une électrophorèse des protéines. De plus, un bilan de diagnostic différentiel peut être fait, avec notamment le dosage de la créatinine, les transaminases, un examen d’urine, le dosage des anticorps anti-nucléaires, une radiologie du thorax.

Pour aider au diagnostic, il existe 2 marqueurs d’intérêt :

-Les Facteurs Rhumatoïdes (FR)

-Les Anticorps anti-protéines et peptides citrullinés (ACPA ou anti-CCP)

Les Facteurs Rhumatoïdes sont des auto-anticorps, principalement d’isotype IgM. Leur recherche utilise une technique quantitative. Leur présence à des taux élevés (supérieur à 3 fois la normale) à une plus grande valeur diagnostique pour la PR. En effet, les FR peuvent être décelés dans de nombreuses autres maladies (infections bactériennes, sarcoïdose, maladie hépatiques chroniques, lupus, la maladie de Sjögren, …), de plus leur sensibilité varie en fonction du stade de la maladie (au mieux la sensibilité atteint 70%), et elle peut être faible au stade précoce.

Les Auto-anticorps anti-peptides ou Protéines Citrullinés ont pour cible commune des épitopes citrullinés générés par la modification post-traductionnelle de différentes protéines fréquentes au cours de l’inflammation. Ils ont une grande spécificité diagnostic (de 93 à 98%) mais une sensibilité atteignant les 70%. En dehors de la PR, il peuvent être détectés chez des patients atteints de lupus (13%), de syndrome de Gougerot-Sjögren (3-8%), de sclérodermie systémique (10-15%), d’hépatite auto-immune de type I (9%) ou d’hépatites chroniques (25%). Ils apparaissent plus précocement que les FR dans la PR.

La valeur prédictive positive de ces 2 marqueurs associés est estimée entre 91 et 100%. Si les 2 marqueurs sont présents cela serait prédictif d’une progression rapide de la maladie et de l’apparition d’érosions. D’où l’importance de prescrire ces 2 analyses de manière concomitante.

Autres auto-anticorps utiles au diagnostic différentiel : les anticorps anti-nucléaires (AAN). Ceux sont des auto-anticorps dirigés contre des déterminants antigéniques du noyau et du cytoplasme des cellules. Ils sont recherchés au cours de maladies auto-immunes non spécifiques d’organes. Ils sont positifs dans 40-50% des cas de PR, mais ils ne sont pas spécifiques de cette pathologie, cependant ils peuvent aider à orienter le diagnostic. Dans le cas d’une PR, s’ils sont positifs, les anticorps anti-ADN natifs sont en général négatifs.

Les Facteurs Rhumatoïdes (FR)

traitement

Il repose sur la prescription d’anti-inflammatoires (corticoïdes), notamment au début, pour maitriser les manifestations inflammatoires articulaires, associés à un traitement de fond afin d’obtenir un contrôle de l’activité de la maladie voire une rémission ainsi que de prévenir les lésions structurales et le handicap fonctionnel (méthotrexate, léflunomide, sulfasalazine, anti-TNF alpha, anti-cytokines IL-1 et IL-6, anti-lymphocytes B CD20+, anti-CTLA4-Ig).

traitement PR

suivi

Les médicaments utilisés nécessitent un suivi biologique réguliers : NFS pour le risque d’agranulocytose et de thrombopénie, bilan hépatique pour le risque de cytolyse…

Le calcul du DAS28 (Disease Activity Score ou Score d’Activité de la PR) est utilisé pour le suivi clinique. Ce score tient compte de l’évaluation de la douleur, du nombre de synovites sur 28 articulations, de la valeur de la VS et de l’appréciation globale du patient sur une échelle visuelle analogique de 0 à 100. Il sera utilisé pour suivre l’évolution de la PR sous traitement.

Les dosages des FR et les ACPA ne doivent pas être répétés pour le suivi. Leurs évolutions ne sont pas corrélées à l’évolution clinique.

Pour toutes interrogations, n’hésitez à contacter votre Biologiste médical !

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