Mycoplasmes génitaux

Lettre d'information n°6 - Septembre 2019

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Point sur les Mycoplasmes génitaux

Quatre espèces de mycoplasmes ont été impliquées en pathologie uro-génitale humaine :


Mycoplasma hominis (Mh)

• Ureaplasma parvum (Up)

• Ureaplasma urealyticum (Uu)

Mycoplasma genitalium (Mg)


Cependant, les trois premières espèces (Mh, Uu et Up) sont présentes à l’état commensal et leur rôle pathogène est controversé.


Selon les recommandations de la section MST-SIDA de la Société Française de Dermatologie 2016, les indications de la recherche des mycoplasmes génitaux doivent se limiter à des situations spécifiées dans le tableau ci-dessous.

Espèces Colonisation asymptomatique Rôle pathogène chez l’adulte Indications de recherche
M. hominis

Hommes : 1 - 5 %


Femmes : 30 - 70 %

Homme : pas de rôle pathogène


Femme : endométrites, salpingites, infections du post-partum, présent en cas de vaginose

Homme : pas d’indication


Femme : suspicion d’infection génitale haute,
fièvre du post-partum, infections néo-natales

U. urealyticum

Hommes : 5 - 20 %


Femmes : 40 - 80 %

Homme : urétrite non gonococcique (UNG) chronique, lithiases urinaires, exceptionnellement épidydimites


Femme : fièvre du post-partum

Homme : urétrites chroniques/récidivantes, lithiases urinaires


Femme enceinte + post-partum :
avortements à répétition, infections néonatales

U. parvum Colonisateur, pas de rôle pathogène établi Colonisateur, pas de rôle pathogène établi Colonisateur, pas de rôle pathogène établi
M. genitalium

Estimée à 1 - 4 %


Transmission sexuelle probable

Homme : 2ème agent d’UNG après Chlamydia,
UNG récurrentes voire persistantes


Femme : seul mycoplasme responsable
d’urétrites et de cervicites, endométrites,
salpingites

Homme : urétrite avec recherche de Chlamydia et gonocoque négative, après l’échec de traitement classique contre Chlamydia.


Femme : suspicion d’urétrite, de cervicite,
d’endométrite et de salpingite, cas de stérilité
tubaire

La recherche des Mycoplasma hominis et Ureaplasma spp. n’est plus recommandée à partir de prélèvements vaginaux dans le diagnostic de routine des infections uro-génitales et cette analyse n’est plus réalisée de manière systématique dans notre laboratoire, mais sur demande spécifique, notamment dans les cas spécifiés ci-dessus.


La recherche de Mycoplasma genitalium n’est pas pour l’instant remboursée (prix de l’analyse : 17 €).


Références :
• Rémic - Référentiel en microbiologie médicale - Société Française de Microbiologie - 6ème édition 2018
• Recommandations de la section MST-SIDA de la Société Française de Dermatologie 2016
• Jensen JS et al. 2016 European guideline on Mycoplasma genitalium infections. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2016. 30 : 1650-1656